La méthode Sarko ou le “New Public Management” à la Française

Posté par Neo Trouvetou le 16 mai 2009 dans > Blog Note, Crise2 commentaires

new public management!! dans politique metsf L’idéologie du petit chef s’insinue partout dans la société. Toujours plus de réglement, plus de surveillance, plus de lois, plus de controle…

Derrière les réformes de l’université, de l’hôpital et de la justice, pour le sociologue Alain Caillé, il y a une seule et même logique (renforcer le pouvoir d’un homme) et une doctrine (le new public management)…

Ce qui ressort surtout, c’est la mise en avant du pouvoir d’un seul, la promotion du chef qui doit décider de tout contre la communauté, qu’elle soit universitaire, hospitalière ou judiciaire. Ça, c’est le plus visible mais ce n’est déjà pas assez dit fortement. Mais il y a beaucoup d’autres choses beaucoup plus subtiles qui se jouent et, notamment, derrière toutes les procédures d’évaluation. Là, c’est absolument fascinant et terrorisant à la fois. Terrorisant non pas parce qu’il y a des évaluations mais parce qu’elles sont contre-productives à un degré tout à fait extraordinaire. Toute la mécanique de gestion de la recherche et de l’enseignement par des procédures d’évaluation objective et quantitative est totalement surréaliste. Mais la finalité est la même : éviter que la communauté puisse s’auto-évaluer. Si l’on veut qu’il y ait un pouvoir plus ou moins despotique, si l’on veut qu’il y ait le pouvoir d’un seul, comme c’est le cas avec “Sarkozy le décideur absolu”, étant donné qu’il ne connaît rien aux secteurs dans lesquels il veut intervenir, il lui faut des critères objectifs…

On voit, lorsqu’on travaille un petit peu sur ces doctrines du new public management, que le maître mot des réformateurs est que la France est un pays absolument irréformable. Par conséquent, il faut produire des réformes sans discours : on met en place des procédures objectives mais sans explicitation des enjeux véritables, ce qui produit au final des catastrophes comme la réforme de l’université.

L’objectif, c’est d’une part de produire une société plus en adéquation aux normes du marché puisque le critère fondamental est l’efficacité et, en dernière instance, l’efficacité marchande. D’autre part, et c’est là que ça devient très bizarre, le but apparent de ces réformes est de produire de l’autonomie. Elles apparaissent donc comme très démocratiques. Mais fondamentalement, la mise en place de ces procédures d’évaluation qui s’inspirent d’une logique néo-libérale permet en fait de renforcer le pouvoir de l’Etat. C’est une autonomie en trompe-l’œil, une démocratisation en trompe-l’œil…

Conclusion, si Sarkosy voulait à l’époque lutter contre la pensée unique ce n’était que pour imposer la sienne et assoir son autorité. Il voulait plus d’”efficacité” dans le travail, en réalité c’est un prétexte pour plus de controle quant à l’efficacité et la compétitivité en temps de crise on laissera bien faire les lois du marché de monsieur Sarkosy pour délocaliser toute nos usines en Chine et bosser pour 50 euros par mois…

De toute façon il n’y a jamais eut en France autant d’enfant qui ne savent ni lire ni écrire en rentrant en sixième mais cela n’a pas l’air de déranger les plus hautes spères de l’état, il est évident que dans une telle société ou la langue est mal maitrisée les moyens de controle n’en seront que plus efficace. Nous ne sommes encore vraiment libre que dans nos pensées et nos pensées viennent aussi de ce que nous lisons et comprenons du monde.

Beaucoup de promesses mais qui ne sont que du bla bla et du vent. Les effets progressifs du controle de toutes les strates de la société n’en sont pas moins réel.
La “Crise” arrive à point pour le président histoire de paufiner sa technique de com’ et de servir d’alibi supplémentaire en vue du controle de la société.
La méthode Sarko finalement c’est comme les autres : des promesses en l’air, du pipo et un doigt dans le derrière pour finir en beauté …

Source Inspiré de http://www.marianne2.fr/Le-sarkozysme,-c-est-le-fuhrer-prinzip-des-chefs-partout*_a179624.html
Article d’Alain Caillé – sociologue | Jeudi 14 Mai 2009 à 07:01